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vendredi 19 août 2011
caracol
je fais souvent ce même rêve la nuit : je découvre un nouvel endroit où habiter. dans la pièce principale, très grande et vide, il y a une petite porte qui me mène à une seconde pièce. Dans celle-ci, la lumière est orangée et j'ai une vue prenante sur des buildings. Je trouve à nouveau une petite porte, et me voici dans une salle de bain, je passe une porte vers une pièce indéterminée, remplie de poutres en bois, dans laquelle vivent déjà des personnes inconnues. Les pièces en enfilade deviennent de plus en plus exigues. Je me rends comptent qu'elles forment la carapace d'un escargot qui s'enroule sur lui même sans fin.
Caracol signifie escargot en espagol, j'ai fait ce rêve pour la première fois il y 7 ans, lorsque j'habitais à Barcelone.
Libellés :
crayonné dans la marge,
les mots chuchotés
samedi 20 décembre 2008
une photographie
Une jeune femme se tient de dos face à la mer, elle porte une légère robe noire et ses pieds nus s’enfoncent dans le sable. Le ciel blanchâtre donne une couleur verte à la mer, à la surface de l’eau, quelques balises jaunes et oranges flottent dans le lointain. La femme tente de se réchauffer les épaules, le vent froid soulève ses cheveux bruns. « Pourquoi reste t-elle là, pourquoi donc ne rebrousse t-elle pas chemin ? » se demanda S. ne pouvant détacher son regard de la photographie qu’elle venait de trouver dans le magazine qu’elle feuilletait distraitement. L’image n’avait pourtant rien d’extraordinaire, mais S. resta un moment interdite face à la page qu’elle venait de découvrir.
Elle ne comprit pas tout de suite ce qu’il s’était produit à ce moment-là et se contenta d’abord de refermer le journal en prenant soin de laisser la photo en première page. L’abandonnant sur le canapé, elle s’assit par terre un moment face à la baie vitrée. Son esprit la tiraillait depuis quelques jours, se fixant sur chaque petite parcelle de son entourage, il divaguait sans cesse, il ne la quittait plus, jusque dans la nuit, où il chuchotait encore le long de la vitre éclairée par les réverbères. S. rigola un moment sans s’en rendre compte. C’était un rire lassé : que pouvait-elle contre cela ? et cette jeune fille sur la photo, que pouvait-elle face la mer ? nager fébrilement vers l’horizon ? courageusement se débattre pour finalement se laisser glisser vers le fond ? voilà pourquoi peureusement, elle restait au bord, frôlant du bout des orteils l’écume, sans avoir d’autre choix que celui de ne pas aller plus loin. Alors, pourquoi ne s’en retournait-elle pas ? pourquoi s’acharnait-elle à rester à la limite du rêve, sur ce bout de terre mangé par les vagues, au delà duquel l’espoir s’évapore avec l’eau de mer ?
S. balança sa tête en arrière, tout ceci n'avait aucun sens.
Elle ne comprit pas tout de suite ce qu’il s’était produit à ce moment-là et se contenta d’abord de refermer le journal en prenant soin de laisser la photo en première page. L’abandonnant sur le canapé, elle s’assit par terre un moment face à la baie vitrée. Son esprit la tiraillait depuis quelques jours, se fixant sur chaque petite parcelle de son entourage, il divaguait sans cesse, il ne la quittait plus, jusque dans la nuit, où il chuchotait encore le long de la vitre éclairée par les réverbères. S. rigola un moment sans s’en rendre compte. C’était un rire lassé : que pouvait-elle contre cela ? et cette jeune fille sur la photo, que pouvait-elle face la mer ? nager fébrilement vers l’horizon ? courageusement se débattre pour finalement se laisser glisser vers le fond ? voilà pourquoi peureusement, elle restait au bord, frôlant du bout des orteils l’écume, sans avoir d’autre choix que celui de ne pas aller plus loin. Alors, pourquoi ne s’en retournait-elle pas ? pourquoi s’acharnait-elle à rester à la limite du rêve, sur ce bout de terre mangé par les vagues, au delà duquel l’espoir s’évapore avec l’eau de mer ?
S. balança sa tête en arrière, tout ceci n'avait aucun sens.
mercredi 10 décembre 2008
#Demoliciòn integral#
Tout commença ce jour là, lorsque j’entrai dans le bar tabac sur le chemin du métro pour y acheter des timbres. Tout commença lorsque je décidai soudain en attendant dans la file, que tout irait de plus en plus mal, approuvée par le regard vitreux des quelques habitués au comptoir et une musique désuète de mon enfance en fond sonore. Tout irait de plus en plus mal, pathétiquement.
Il y avait vraisemblablement quelque chose de facile dans cette certitude, comme un courant que l’on tente de dévier et qui un jour, malgré les digues, reprend son lit d’origine, sans forcer, juste parce tout le reste a lâché.
Une fois sortie, je me dirigeais vers mon appartement, et sur le passage piéton il me sembla ressentir une sensation analogue à celle d’un fleuve qui coule sereinement vers son embouchure. Une telle décision aurait dû être douloureuse, je ne ressentait pourtant qu’une extrême confiance : Une imperméabilité à toute épreuve. Et je n’aurai su expliquer pourquoi, mais lorsque j’arrivai au début de la rue dans laquelle je logeais, je remarquais pour la première fois des travaux de démolition qui avaient dû commencer depuis plusieurs semaines, à en juger l’avancée du chantier. Cette découverte m’émut : tout en sachant qu’il serait vite comblé, je m’inquiétais de savoir jusqu'à quand ce trou resterait-il béant.
mercredi 24 octobre 2007
+ After +
Je n'aurai pas de photos à vous montrer, mais les portes ouvertes de mon atelier ont été une réussite. J'étais assez réticente à l'idée de montrer mes dessins, n'ayant jusqu'a maintenant pour seul public le cercle restreint de mes connaissances. Et bien, mon travail a plu souvent, déplu parfois, mais les visiteurs se sont arrétés, m'ont questionné, ont été intrigués.
J'ai pris beaucoup de plaisir à leur expliquer, à débattre avec eux. Je pense que chacun a tenté de comprendre à sa manière ce qu'il en était de mon travail, a cherché à y lire quelquechose. je n'en demandais pas moins. Cette première expérience du public m'encourage d'autant plus à montrer ce que je fais. car il a définitivement quelquechose à voir avec la rencontre.
Ma première vente est une des dernières toiles, que je n'ai pas posté sur le blog, contrairement à ce que j'aurai pu penser, m'en séparer ne me fait pas grand chose. J'y suis attachée au delà de la propriété physique. il y a un lien invisible qui perdure, et chaque nouveau dessin portera malgré lui la trace de cette dernière. un peu comme une empreinte. La personne est entrée dans l'atelier et s'est rapidement approchée très près de cette petite toile afin de regarder le travail de superposition, comme si elle creusait dans l'image pour déceler je-ne-sais-quoi. Et soudain, il m'a semblé qu'elle l'avait trouvé. Ce fut ma première vente.
Parfois j'ai le sentiment que mes dessins susurent des mots, comme à cette dame. Ces mots ne sont pas forcément évidents. Souvent, pour y comprendre quelque chose, il faut s'approcher, voir en vrai et presque toucher pour deviner de quoi ils sont faits.
Je remercie toutes les personnes qui sont passées ce week-end à mon atelier. Cette confrontation n'en était pas une, plutôt une jolie rencontre.
J'ai pris beaucoup de plaisir à leur expliquer, à débattre avec eux. Je pense que chacun a tenté de comprendre à sa manière ce qu'il en était de mon travail, a cherché à y lire quelquechose. je n'en demandais pas moins. Cette première expérience du public m'encourage d'autant plus à montrer ce que je fais. car il a définitivement quelquechose à voir avec la rencontre.
Ma première vente est une des dernières toiles, que je n'ai pas posté sur le blog, contrairement à ce que j'aurai pu penser, m'en séparer ne me fait pas grand chose. J'y suis attachée au delà de la propriété physique. il y a un lien invisible qui perdure, et chaque nouveau dessin portera malgré lui la trace de cette dernière. un peu comme une empreinte. La personne est entrée dans l'atelier et s'est rapidement approchée très près de cette petite toile afin de regarder le travail de superposition, comme si elle creusait dans l'image pour déceler je-ne-sais-quoi. Et soudain, il m'a semblé qu'elle l'avait trouvé. Ce fut ma première vente.
Parfois j'ai le sentiment que mes dessins susurent des mots, comme à cette dame. Ces mots ne sont pas forcément évidents. Souvent, pour y comprendre quelque chose, il faut s'approcher, voir en vrai et presque toucher pour deviner de quoi ils sont faits.
Je remercie toutes les personnes qui sont passées ce week-end à mon atelier. Cette confrontation n'en était pas une, plutôt une jolie rencontre.
à l'année prochaine ! waii-waii
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